Moustique-tigre : garder raison

C'est chaque année la même chose : avec la relance, le 1er mai, par le ministère de la Santé du « plan national antidissémination du chikungunya, de la dengue et du zika », à raison du début de reprise du cycle biologique du moustique-tigre (Aedes albopictus) qui peut être vecteur de ces maladies, un site internet privé reprend les données publiques à sa façon, instaure des niveaux de « vigilance » qui ne figurent pas dans la nomenclature officielle et communique à grande échelle, pouvant susciter une alarme hors de propos.

Primo, voici deux cartes faisant foi, établies par le Ministère sur la base des enquêtes entomologiques effectuées par des organismes publics compétents, tels que l'EID Méditerranée :

  • la première est une carte administrative, figurant en rouge les départements classés en niveau 1 du plan (51 à la fin de 2018), dès lors qu'un ou plusieurs de leurs territoires - fût-ce un seul quartier dans une seule commune - voient le moustique-tigre « implanté et actif ». Ceci afin de permettre au conseil départemental, compétent en la matière, de mettre en place le dispositif nécessaire à d'éventuels traitements antivectoriels si la situation le commande.
  • la seconde est la carte réelle d'implantation, par commune, qui suit l'extension progressive du « tigre » et montre que les départements concernés sont colonisés dans des proportions très diverses, selon que l’arrivée du « tigre » y est ancienne ou récente.

Secundo, le moustique-tigre, qui connaît chaque année une phase de dormance (on dit : « diapause ») à l'état d'œuf, ne reprend de la vigueur que très progressivement à partir de début mai, pour commencer à redevenir sensible fin mai / début juin. Le rythme de sa « renaissance » et sa visibilité sont tributaires des conditions météorologiques (pluies, températures). Sa nuisance est donc actuellement très faible, et ce encore durant quelques semaines. Quant au risque de transmission vectorielle, il est lié à l’arrivée en métropole de personnes virémiques en provenance de zones tropicales endémiques. Sans être nul, ce risque est d’autant plus faible que les moustiques sont peu abondants.

[le 07.05.19]

   
© EID MED / 2013