Les insecticides (sprays, aérosols, prises et diffuseurs électriques, serpentins)

Les insecticides sont des substances actives ou des préparations ayant la propriété de tuer les insectes, leurs larves et/ou leurs œufs. Les insecticides destinés à l’hygiène publique sont considérés au niveau européen comme des biocides (type de produit TP18) selon le Règlement UE n°528/2012. Dans ce cadre, leur mise sur le marché est soumise à des règles très strictes nécessitant le passage par un processus très sélectif d’évaluation de leur efficacité biologique, de leur toxicité envers l’Homme, de leur écotoxicité envers les différents compartiments de l’environnement.

On trouve sur le marché de nombreux insecticides destinés à lutter de manière plus ou moins spécifique contre les moustiques et d’autres insectes nuisibles. Ils sont accessibles au grand public ou restreint à un usage professionnel.

Il existe plusieurs types d’insecticides, selon leur mode d’action ciblant exclusivement un stade de développement particulier de l’insecte. On distingue ainsi des larvicides (destinés à une application dans l’eau) et des adulticides, appliqués sur des surfaces (traitement résiduel) ou directement dans l’air directement sur les insectes volants (traitement spatial).

Parmi les larvicides, le bioinsecticide à base de Bacillus thuringiensis ser. israelensis (sérotype H14) ou Bti présente une très grande sélectivité envers la faune non cible, n’agissant par ingestion que sur les larves de moustiques. Sous forme liquide, de poudre ou de granulé, il est donc recommandé pour le traitement des gîtes larvaires, lorsque la mise hors eau n’est pas praticable (fûts, bassins, terrasse à plots, vides sanitaires, bouches d’égout,…).

Il existe d’autres larvicides, tels que les régulateurs de croissance (pyriproxyfène,…), destinés uniquement à un usage en milieu urbain car moins sélectifs, et leur emploi est plutôt réservé à des professionnels.

Les adulticides appartiennent majoritairement à la famille des pyréthrinoïdes de synthèse (deltaméthrine, perméthrine, d-alléthrine, lambda-cyhalothrine,…)  ou des pyréthrines naturelles. Ces insecticides agissent sur le système nerveux de l’insecte et l’effet létal est généralement immédiat. Ces produits sont principalement destinés au contrôle des insectes nuisants au stade adulte. Ils peuvent être conditionnés sous différentes formes, adaptées à leur mode d’application (granulé, liquide, poudre, aérosol, bombe insecticide, prise et diffuseur électriques, serpentin,…).

Peu de précisions sont apportées quant aux espèces réellement ciblées par ces produits (tout insecte, insectes nuisants-volants-rampants, moustiques,…) laissant une assez grande liberté d’interprétation. 

Il est vivement recommandé de ne pas utiliser n’importe quel insecticide contre un insecte inconnu, mais de l’adapter au cas par cas sur la base d’une identification suffisamment précise. Une lecture attentive et exhaustive du mode d’emploi, des signes de danger, des phrases de risques et des conseils de prudence et autres mesures de précaution est indispensable avant toute utilisation.

Dans le cas des aérosols, les volumes pulvérisés ou diffusés passivement (prises insecticides) ne sont jamais standardisés et restent donc inconnus pour l’utilisateur. Ce dernier méconnaît souvent les effets non intentionnels pour la santé et l’environnement liés à leur usage et sur le fait que l’insecticide constitue plutôt un dernier recours.

Il est avisé de procéder au préalable à une lutte physique en éliminant les gîtes larvaires, en plaçant le cas échéant des moustiquaires aux fenêtres ou de portes, etc.

Les dispositifs insecticides suivants sont à considérer comme des mesures d’appoint : aérosols pour une utilisation ponctuelle, insecticides à diffusion continue sous forme de plaquettes chauffantes (prises électriques) ou sous forme liquide (diffuseurs électriques) pour l’intérieur et serpentins fumigènes, exclusivement pour l’extérieur.

Enfin, il importe de limiter par principe l’utilisation des insecticides, en particulier des pyréthrinoïdes. Cette famille est en effet la seule autorisée actuellement au niveau européen pour les traitements adulticides. C’est dès lors la seule utilisable pour mener les opérations de lutte antivectorielle autour des cas suspects ou autochtones de Chikungunya et de Dengue, voire en situation épidémique. Afin de préserver la sensibilité des espèces cibles, telles que le moustique tigre, à cette seule famille d’insecticides, il faut éviter d’en user lorsque d’autres méthodes de lutte sont efficaces et réserver autant que possible ce type de traitements aux seuls cas de circulation d’agents pathogènes.

   
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