Qui fait quoi contre le moustique-tigre ?


Le moustique-tigre, petit mais redoutable, est un véritable enjeu de santé publique. En plus de ses piqûres gênantes, il peut transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. Mais saviez-vous que la lutte contre cet envahisseur est une responsabilité partagée ?

Les communes : en première ligne de la prévention

Le Maire, en vertu de ses pouvoirs de police et selon le Code général des collectivités territoriales (CGCT, article L2212-2), assure la salubrité publique. Le décret du 29 mars 2019 conforte le rôle des communes en matière de lutte antivectorielle en précisant : « le maire, dans le cadre de ses compétences en matière d’hygiène et de salubrité, agit aux fins de prévenir l’implantation et le développement d’insectes vecteurs sur le territoire de sa commune ».

  • Sensibiliser les habitants aux bons gestes pour réduire la prolifération des moustiques (ex. : éliminer les eaux stagnantes, entretenir les jardins).
  • Mettre en œuvre des actions de prévention : en assurant l’entretien des espaces publics (fossés, caniveaux, bouches d’égout et autres lieux propices à la ponte des moustiques).
  • Intégrer au sein du plan communal de sauvegarde un volet relatif à la lutte antivectorielle.

Bien que ces missions soient importantes, elles nécessitent l’appui d’autres acteurs.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) : le chef d’orchestre

L’ARS, conformément au Code de la santé publique (article L3110-1), coordonne les actions de lutte en lien avec les enjeux sanitaires. Elle :

  • surveille les maladies humaines potentiellement transmises par le moustique-tigre et déclenche des interventions en cas de risques avérés.
  • recense les organismes habilités (de droit public ou privé), les sélectionne et les finance à l’échelle régionale, pour la mise en œuvre des opérations de lutte antivectorielle.
  • orchestre les interventions d’urgence lorsque la santé publique est en jeu.

Les opérateurs en démoustication : une expertise technique

Les opérateurs spécialisés, comme l’EID Méditerranée qui intervient sur la région PACA, interviennent pour le compte des ARS. Ces structures, dotées d’une expertise scientifique et opérationnelle, assurent :

  • la surveillance des populations de moustiques dans les zones sensibles ou à risque.
  • la réalisation des opérations de démoustication (lutte antivectorielle dans ce cas) : interventions ciblées dans le respect des normes environnementales, pour limiter les impacts sur la biodiversité.
  • le conseil technique auprès des communes et des élus, afin d’optimiser les stratégies de lutte et de communication préventive

Les habitants : des acteurs clés

Chaque citoyen a un rôle essentiel à jouer dans cette bataille. En adoptant des gestes simples, on peut réduire considérablement la prolifération des moustiques autour de chez soi :

  • supprimer les eaux stagnantes : vider les soucoupes, couvrir les récupérateurs d’eau et entretenir les gouttières.
  • entretenir les jardins : couper les hautes herbes et éliminer les déchets verts susceptibles de retenir de l’eau.
  • se protéger : porter des vêtements longs et utiliser des répulsifs en extérieur.

Une compétence partagée, une lutte collective

La lutte contre le moustique-tigre est un défi collectif. Les communes agissent sur le terrain, l’ARS veille à la santé publique, et chaque habitant contribue à limiter la prolifération en adoptant des gestes simples. Ensemble, nous pouvons réduire l’impact de cet insecte et ses nuisances.
Et vous, avez-vous déjà vérifié votre jardin ou votre balcon aujourd’hui ?

Le maire constitue l’autorité administrative de droit commun en matière de police de l’hygiène
publique.

  • Les ouvrages d’évacuation des eaux pluviales (Art. 29.1, 41).
  • Les pentes réglées afin d’assurer l’évacuation (Art. 41, 42).
  • Les citernes et réserves inutilisées sont supprimées (Art. 7.3, 121).
  • Les mares et fosses à eau sont soumises à des mesures larvicides régulières : désherbage, poissons, biocides agréés (Art. 121).
  • Dans les cours et allées : dépôts de gravats, détritus de toute nature sont interdits, même à titre temporaire (Art.23).
  • Maintien des installations d’eau en bon état (Art.18).
  • Dans les vides sanitaires et sous-sols, ne doit créer des gîtes larvaires de moustique. (Art. 35, 121).

Autres références juridiques

  • Décret n°2019-258 du 29 mars 2019 relatif à la prévention des maladies vectorielles (Journal officiel du 31 mars 2019)
  • Note d’information N°DGS/VSS1/2019/50 du 28 février 2019 relative à la surveillance du moustique Aedes albopictus en France métropolitaine en 2019 dans les départements classés au niveau albopictus 0, réalisée dans le cadre de la mise en œuvre de l’instruction N°DGS/RI1/2015/125 du 16 avril 2015 et à la prévention et à la préparation de la réponse au risque de dissémination d’arboviroses par les moustiques vecteurs dans les départements classés au titre des 1° et 2° de l’article 1er de la loi n°64-1246 du 16 décembre 1964 (mise en ligne le 28 mars 2019).